Petite visite programmée chez
mon ami Alain Sanfourche.
Il fait chaud, je sors d’une bonne sieste devant mon écran de télé Pokémon, le central de Rolland Garros vibre depuis une semaine sous
la puissance déconcertante de Federer et du taureau espagnol Nadal. Une finale prévu pour Dimanche et en 5 set certainement, une page de l’histoire du tennis, un grand moment à venir!
Alain est sur le pas de sa porte dans cette ruelle étroite entre cette petite église 1900 et le ruisseau qui ne coule plus depuis longtemps.
L’eau est souillée à cause de l’homme, l’eau s’est perdue dans les profondeurs du sol à cause de l’homme aussi. Ce village ne vit plus, il s’éteint doucement. Ce Périgord là n’est pas du goût des
touristes et des Anglais, ni des chercheurs de bonheur éphémère.
Ce village manque de tout, d’hommes pour le faire vivre. Alain y vit pourtant, seul avec son parcours. Depuis des mois rien n’est venu, son
imaginaire reste bloqué, pas d’inspiration, il ne comprend pas. Il gratte la toile et attend. On ne peut forcer la chose, le doute ….et toujours rien !!!
Mais voilà, devant un café bien corsé, réchauffé dans une petite casserole émaillée, Alain est heureux, motivé, il a remis en état sa maison de
bourg enlacée d’une superbe treille, il a redonné vie à ce lieu qu’il n’utilisait plus que pour peindre à la belle saison.
Alain m’annonce qu’il vient de terminer une toile accrochée à l’étage, dans une chambre. Je m’empresse de finir mon café et d’aller la voir. Alain
Sanfourche est toujours là, sa peinture aussi. Avec ces personnages tourmentés, ces regards insondables. Il nous jette en premier plan une allégorie à l’amour, à la femme mère. Il nous livre
aussi clairement ce sentiment de culpabilité de l’handicap, de la souffrance, du regard des autres, ce sentiment d’être resté dans les starting-blocks, d’avoir louper une étape. Le visage de
cette mère en dit long, entre étonnement et stupéfaction, le sang de la vie ne coule plus de la même façon. Le visage s’assombrit, et la beauté de la femme idéale n’est plus qu’un souvenir qui
s'efface doucement.
Alain en apparence solide et imperturbable face à l’avenir, nous livre toujours ce message d’humilité, la main et la colombe. Sa peinture n’est pas
« habillage et décoration » elle éclaire sa vie et exorcise les vieux démons.
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