Marie-Jo Brisson nous a quitté
Elle est partie rejoindre la voie céleste, qu’elle avait trouvée dans la matière et dans la terre comme lui avait annoncé un jour Yoland Cazenove.
Elle est partie rejoindre les ciels de Constable,
Ceux de Claude Moreau
....et bien d’autres encore
Ses pirogues de mariage nous avaient convaincu
A Belleville-sur-Loire, cet été
Ses pirogues pour la traversée du fleuve, tout prés duquel elle résidait
Allégorie au mariage,
Au parcours de la vie,
Au voyage matériel et immatériel
Cette allégorie annonçait aussi l’arrivée au port,
Un billet sans retour
Le cortège est déjà là dans le froid et l’austérité de la grande rue de La Borne
Pour l’accompagner vers sa dernière demeure
Faire le grand voyage vers l’autre monde
Marie-jo tu ne t’étais jamais remise de la disparition de Daniel ton compagnon
Un grand vide est resté rempli d’inquiétude, de solitude
Tu aimait la vie pourtant, la fête, aller à « l’épicerie », « chez les filles », chez tes amis
Tu aimais les longues discussions jusqu’à l’aube parfois
Dans l’excès, des vérités sortent, on a subitement une emprise sur l’avenir du monde, sur le devenir de l’Art, des hommes …et ce village auquel tu étais si attachée
Ton cheminement t’a conduit en ce lieu, à La Borne
Dans ce village où la flamme réchauffe les hommes et cuit la terre froide et humide
Tu n’aimais pas le froid pourtant
Tu aimais Nicolas de Staël, Jean Fautrier, Paul Rebeyrolle
Eva Eisenloefel, Elisabeth Joulia
Les encroûtements et la matière toujours
Tu aimais la cuisine et les senteurs des jardins
Les roses anglaises, les buis taillés et ton bol de thé
Aujourd’hui un feu s’est éteint,
La "vierge castorienne" comme gardienne de tout ce présent devenu passé
Un porteur de message peut-être.... celui de Daniel de Montmollin certainement
Dans la blancheur immaculée d’un drap de lin
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