Sur les bords de la côle
A la Rochevideau
Au lieu-dit « Les Danés »
Vivait Marcel Debord
Dans une cabane en bois
A l’ombre de la forêt
Mousse, lichen et humidité
Un regard sur le Nord, le froid
Le brouillard
Le cri des corbeaux dans la plaine
Sensation de malaise
Sur cette vallée
Le brouillard et le cri des corbeaux, toujours
Tout ici est Béton ferraillé, ficelles entrecroisées, récup et bouts cassés
Je marche au milieu des arbres morts,
Des feuilles qui crépitent
Des objets abandonnés
Odeur de moisissure
Impression de chaos, que s’est-il passé ?
Sous l’abri en bardage de bois
L’ermite et son ermitage
Errance dans sa solitude
Morceaux du passé
De ses rencontres avec le hérisson, l’escargot, l’oiseau de nuit qu’il entend à longueur d’année
Prés du puit, une paysanne souriante le panier à la main
Le chasseur au lapin
Comme plantés
Dans la forêt sans vie
Un monde figé recouvert par le temps, l’oubli et la mousse qui ne se fait pas prier
Un bestiaire familier
Qu’il dissémine tout autour de sa cabane de bois
Comme un trappeur
Pour montrer qu’il est là
Debord « Le Dané »
Pour montrer qu’il contrôle l’hostilité de l’ombre et de la solitude
Les arbres, les lutins, les esprits de la nuit
S’animent apportant encore plus d’effroi
Au moindre bruit
Il assemble outils, bois, et béton pour aboutir à ses compositions sur pot de terre
Les animaux poussent comme des fleurs
Il suffit de les arroser,
De les apprivoiser pour en faire des amis
Partenaire de sa solitude
Et des regards moqueurs des autres
Aujourd’hui tout a disparu, ou presque
Le temps a fait son œuvre, l’indifférence aussi
Une inscription avec quelques bigorneaux collés « Les danés »
Sous ces grands épicéas fantomatiques
Marcel Debord a écrit son histoire de béton et d’outils rouillés
Avec ses amis de la forêt.
Marcel Debord - béton moulé peint, sur pot de terre
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